Même pas mal!

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la bande de même pas mal

la bande de même pas mal je m'interroge - tu critiques - elle s'engage - il se casse - nous manifestons - vous publiez - elles sont élues - ils réfléchissent....c'est ainsi que la liberté d'expression se conjugue!

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La grêve de faim comme seule issue

Par la bande de même pas mal :: 27/02/2007 à 21:52 :: AUTREMENT DIT

Aujourd'hui, le groupe de droits de l'homme augenauf a tenu une conférence de presse à Zurich pour dénoncer l'extradition de l'ex cadre du PKK Mehmet Esiyok. Il a été pendant neuf ans actif dans le comité central, et s'est distancié depuis le fin des années 90 du combat armé et il a cherché une solution diplomatique et politique aux revendications kurdes. Il s'est surtout occuppé de l'administration et de la formation dans la région frontalière iranienne, et il a travaillé comme journaliste.
En 2003, lors de la création du Konra-Gel (parti de succession du PKK), il a également été choisi dans le comité de diréction.
Le 15 décembre 2005, Mehmet Esiyok a fui la Turquie sous fausse identité, en passant par Moscou, et a déposé une demande d'asile à l'aéroport de Zurich. Cinq jours plus tard, il se retrouvait déjà dans la prison d'expulsion, "grace" à une entrée dans la base de données Interpol de la Turquie qui date de 2000, où on le cherchait sous pretexte pour des "crimes sévères". Contre toute pratique juridique, l'avocat de Mehmet Esiyok n'a jamais eu le droit de consulter ces accusations, et il entend que c'est pour des raisons purement politiques que l'état veut l'erradiquer de la terre. Car c'est ce qui va lui arriver avec une très grande cértitude si jamais il est expulsé en Turquie - pays qui pratique la torture et qui ne respècte pas du tout ses minorités ethniques.

Et s'il était vraiment qu'un criminel ordinaire, M. Couchepin et M. Blocher n'auraient pas dû se prononcer sur son cas à l'occasion de leurs visites réspectives en Turquie. Ce qui étonne encore plus: le sinistre Christophe semble déjà connaître l'issu de l'affaire, car il affirmait qu'Esiyok sera "de toutes façons" renvoyé. C'est d'autant plus étonnant si on sait que la Suisse est l'unique pays en Europe qui n'a jamais désigné le PKK comme parti terroriste.

En ce moment, sa demande d'asile est encore ouvèrte, et on attend la décision du Tribunal administratif fédéral avec beaucoup d'émotions, vu que c'est non seulement décisif pour la survie d'Esiyok - l'enjeu et beaucoup plus grand sur le niveau international: Sous pretexte que la Suisse (et non l'extradié) a des "garanties" pour le bon traitement de l'expulsé, Blocher et ses copains veulent littéralement sacrifier Esiyok pour créer un cas de précedence qui pourra ensuite être suivi de l'UE. Il met ainsi en danger la vie de tous les réfugiés kurdes de Turquie, aussi de ceux qui ont été reconnus, car la naturalisation leur est souvent refusés sous pretexte d'avoir commi des actes terroristes dans d'autres pays.
On va bien où mène la politique de zéro tolérance: Esiyok est depuis deux semaines en grêve de faim et il ne mangera plus avant sa libération - c'est un acte bien réfléchi, car dans le cas d'une extradition, il risque bien pire que la mort.
Pour finir sur un ton optimiste: On va organiser un comité de soutien et des manifestations pour augmenter la pression de libérer Esiyok, comme pour la

Libération d'Erdogan
, plus de détails bientôt ici.




Ma maison - notre Suisse

Par la bande de même pas mal :: 20/02/2007 à 23:25 :: MEME PAS MAL

Avec ce slogan très bon patriot, et d'ailleurs parfaitement dans le vent,  l'UDC se lance dans les éléctions nationales de cette année.

Dans une brochure forte de 88 pages, qui peut être commandé ici, l'UDC récapitule son programme réactionnaire qu'on connaît depuis des années, et nous menace de l'appliquer jusqu'en 2011....En allemand, ce slogan "Mein Zuhause - unsere Schweiz" dit plus exactement "mon chez-moi, notre Suisse" et c'est bien à cet argument qu'on se heurte souvent dans des discussions: Il y a des gens pour que le chez-soi n'est pas uniquement la baraque, où ils logent, mais tout le pays dont ils ont la nationalité. Si on peut proclamer haut et fort qu'on ne veut pas de ces "étrangers criminels" chez nous, on peut aussi bien dire qu'on en a marre de vivre sous le même toît que ce parti démagoge et raciste.
Cette année, l'UDC compte de recevoir plus de 30% des voix et d'obtenir ainsi la majorité. Rappelons-nous que le NSDAP avec son leader Adolf Hitler avait obtenu le pouvoir en 1933 après seulement treize ans d'existence du parti nationaliste. Et rappelons-nous ce qui s'est passé ensuite: la destruction de la démocratie et l'érection d'une dictature, les horreurs de l'euthanasie, les camps de concentration et la glorification de la "race" allemande. Et ça a commencé dans des circonstances qui ne sont pas très différentes de la situation actuelle: Beaucoup de chômage, pauvreté de la classe ouvrière, des minorités accusés de vol et de criminalité et une perspective floue de l'avenir.

Aujourd'hui on ne parle plus de la supériorité des races, mais on parle de la criminalité étrangère, et des cultures très éloignées de la nôtre et que les musulmans vont nous envahir avec leur religion de la terreur etc.
Depuis les votations du 24 séptembre sur les lex blocher, on n'a plus honte d'afficher son dégoût pour tout ce qui est "étranger", la xénophobie est de nouveau en vogue. Facile de blâmer l'autre, l'exclu, le plus faible socialement d'être la source plutôt que la victime de la misère...

En 1933 ce n'était pas non plus un changement brusque de la politique, le nazisme c'est préparé en douceur et sans que les gens s'en rendent vraiment compte. Ici, les votants ont décidé les yeux ouverts d'enfermer jusqu'à deux ans les réfugiés qui font opposition à un renvoi "simple et propre", et cette forme de détention est appelé sans sourciller "détention de flexion".

De cette brutalité linguistique à des cruautés manifestes, il n'y a qu'un pas, et c'est pour ça qu'il faut craindre les évènements et rester très très vigilants.

Les dettes publiques? Du foutage de gueule!

Par la bande de même pas mal :: 18/02/2007 à 23:26 :: NOTRE POGNON

Les lecteurs attentifs de « même pas mal ! » ont déjà pu lire que la Suisse, comme toute bonne entreprise rentable, faisait du bénéf’ tout en annonçant chaque année de nouvelles mesures d’austérité au bon peuple.

Ce n’est qu’un des nombreux stratagèmes employés par nos dirigeants pour nous faire croire à la semaine de 40 heures à la fable des caisses vides (des caisses vides en Suisse, je me gausse…).  Par exemple, dans le discours sur la dette, il n’est jamais question du patrimoine de l’Etat ! Pire : dans l’avant-dernier numéro de « Services publics », journal du syndicat du même nom, on apprend que les collectivités publiques sous-évaluent systématiquement leurs biens (parc immobilier, placements…). C’est ainsi que les collectivités amortissent leurs terrains, et que ces derniers perdent, dans la comptabilité, 10% de leur valeur chaque année !
 
Comme l’écrit Daniel Lampart dans son article, « pour se faire une idée de la situation financière des pouvoirs publics, on peut mettre d’un côté les intérêts de la dette et, de l’autre, le revenu de la fortune. On voit alors que ces deux éléments ont la même ampleur, abstraction faite de fluctuations passagères. Finalement donc, la vraie dette publique est égale à zéro. »
 
Ceci permet d’apprécier à sa juste mesure la mesquinerie d’un Etat qui a mis un demi-siècle pour créer une assurance-maternité, qui est infoutu d’assurer des rentes dignes de ce nom à tous ses habitants et qui, depuis les années 90, tronçonne à l’aveugle dans les assurances-sociales, sans parler du sort qu’il réserve à qui vient trouver refuge en ses frontières (à ce propos, voyez aussi cet article)... 
 

La Suisse collabore à Guantanamo!

Par la bande de même pas mal :: 14/02/2007 à 23:23 :: AUTREMENT DIT

Dessin de Bürki paru dans La Liberté

Le ministère public de la confédération a demandé au FBI de montrer des photographies d'islamistes suisses présumés aux détenus de Guantanamo... Heureusement, ça a gueulé! Dick Marty, rapporteur spécial pour le Conseil de l'Europe, qui a notamment enquêté sur les vols illégaux de la CIA, a déclaré que la demande des autorités suisse «est une forme de légitimation de cette prison illégale à tout point de vue» (voir cet article de swissinfo). Il ajoute que «Cette collaboration est contraire à la Convention européenne des droits de l'homme, à laquelle la Confédération est liée». Le professeur de droit pénal zurichois Wolfgang Wohlers souligne de son côté l'inutilité de l'action, car «on ne peut pas utiliser devant un tribunal des preuves découlant indirectement d'une confession obtenue sous la torture» (toujours cité dans le même article de swissinfo).

Les critiques de ces éminents personnages, tout comme la montée aux barricades de la majorité des forces politiques du pays n'a toutefois pas desarçonné le responsable de cette spectaculaire avancée du droit pénal, j'ai nommé l'inénarrable conseiller fédéral Christoph Blocher. Ce dernier a défendu le ministère public, subordonné à son département, en déclarant n'avoir constaté aucune violation de la loi (source: swissinfo).

Evidemment; la loi, il s'est assis dessus! Il lui est dès lors difficile de la consulter...

Les peuples ont les assurances maladie qu'ils méritent!

Par la bande de même pas mal :: 14/02/2007 à 23:20 :: AUTREMENT DIT
D’après un sondage SSR SRG Idée suisse, du nom de notre télé nationale et plurilingue, le NON à la caisse unique l’emporterait par 46% contre 38% si les Suisses avaient voté dimanche dernier. 18% de la population sont encore indécis. (voir p.ex. cet article)

Le rejet est net en suisse alémanique (52% de non, 31% de oui et 17% d’indécis). En suisse romande et au tessin (suisse italienne), c’est –encore ?- le OUI qui l’emporte à 44%, respectivement 57%...

Ne comptez pas sur moi pour tout mettre sur le dos des suisses allemands et de leur morale crypto-protestante du mérite et du gain à la sueur de leur front. Ce serait un peu facile. Et il faut dire qu’il y a de moins en moins de différence entre les régions linguistiques en matière de vote que de différence entre la ville et la campagne, par exemple.

Je m’interroge surtout sur deux choses : comment expliquer que, dans un des pays les plus sûrs du monde, les résultats des votations semblent toujours dictées par la peur? Dès qu’il s’agit d’approuver un progrès social, une campagne basée sur la crainte parvient presque toujours à faire voter les gens contre leurs intérêts ! Non mais attendez, on parle bien de l’assurance-maladie ! Ce truc qui augmente chaque année sans explications, que personne ne contrôle et où les caisses maladies ont un pouvoir absolu et l’assuré le droit de payer ses primes et de fermer sa gueule !

… et les opposants à la caisse unique de braire sur tous les tons que cette caisse sera un « monstre étatique » et que les primes vont augmenter…. !


Mais depuis quand accordons-nous la moindre confiance dans les dires d’un assureur-maladie ? La seule chose que nous savons avec certitude, c’est qu’avec le système actuel, les primes VONT augmenter et que l’opacité des caisses maladie SERA PERPETUEE ! Ils viennent nous donner des cours de gestion ? Rappelons à ces encravatés que, si les coûts de la santé ont augmenté de 46% depuis l’introduction de la LAMal (loi fédérale sur l’assurance maladie) en 1996, les primes ont bondi de 70% (lisez cet article)! Et qu’on arrête de nous gonfler avec les rengaines anti-fonctionnaires et anti-Etat... Certaines tâches sont beaucoup mieux remplies par l’Etat que par le privé; l’AVS (caisse de retraite étatique) marche mieux que la prévoyance professionnelle (caisses privées) et la SUVA (assurance accidents publique) mieux que l’assurance maladie (privée).


En gros, avec la caisse unique, la situation ne peut pas empirer par rapport à la gabegie actuelle. Il y a même de grandes chances pour que ça aille mieux... Alors que demande le peuple?



Justement... j’aimerais aussi qu’on m’explique pourquoi la démocratie directe donne des résultats aussi navrants et pourquoi la majorité des votants à tendance à suivre les recommandations du gouvernement! Parce qu’à ce tarif, ces multiples votations annuelles aux résultats prévisibles ressemblent plus à de la mascarade qu’à une démocratie directe! Et comme il n’y a plus qu’une petite minorité des Suisses pour se donner la peine de voter, on pourrait tout aussi bien arrêter les frais. Au moins, la situation et les rapports de force seraient plus clairs...

Les dessins de Mix et Remix ont été réalisés durant l'émission d'Infrarouge sur la caisse unique.

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