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la bande de même pas mal
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Développement duraillePar la bande de même pas mal :: 03/02/2007 à 8:36 :: PRISES DE TETE
Le rapport « planète vivante » du WWF, qui paraît tous les deux ans, montre une fois de plus que nous allons droit dans le mur.
D’après ce rapport, qui établit une sorte de
bulletin de santé de la terre, la population mondiale utilisera
l’équivalent de deux planètes d’ici 2050, pour autant que toutes les
ressources naturelles n’aient pas été épuisées d’ici là. Si tout le
monde vivait comme les Suisses, il faudrait trois planètes pour couvrir
les besoins de l’humanité, ce qui, soit dit en passant, en dit
suffisamment sur le mode de vie parasitaire des pays développés,
n’est-ce pas Christoph...
Jusqu’ici, tout va bien…
Le rapport utilise deux indicateurs pour déterminer
l’état de santé de la belle Bleue : l’emprunte écologique,qui mesure
la consommation annuelle en hectares utilisés par une population
donnée. Cette empreinte a plus que triplé entre 1961 et 2003. L’étude
montre que notre impact dépasse de 25% les capacités de la planète en
2003.
Le deuxième indicateur, l’index planète vivante,
suit l’évolution de la biodiversité et ne montre pas un tableau plus
encourageant que le premier : en effet, la biodiversité mondiale est en
chute libre ; un tiers des espèces vertébrées ont disparu entre 1970 et
2003 et la pression que fait peser la population humaine sur son
écosystème est telle que ce dernier n’arrive plus à se régénérer,
c’est-à-dire à renouveler les ressources que nous consommons.
Combien coûtera le dernier baril de pétrole ?
Dans un futur proche, l’humanité – et surtout les
pays industrialisés responsables de cette gabegie – devra faire face à
des problèmes écologiques gravissimes dont nous sommes incapables de
mesurer l’ampleur aujourd’hui. La tactique de la fuite en avant si
prisée de notre époque techno-crédule et centrée sur l'économie ne
risque pas de fonctionner à partir du moment où les ressources
naturelles les plus basiques manqueront.
Jared Diamond
a écrit, dans « Effondrement », en parlant de l’anéantissement des
forêts sur l’île de Pâques, qu’il se demandait ce qu’avait pensé la
personne qui avait coupé le dernier arbre. Etait-il fier d’avoir
arraché ce bien précieux et à la nature et à ses rivaux ? Où était-il
conscient de l’étendue de sa connerie ?
J’ai peur d’être assez jeune pour avoir le
« privilège » de vivre, à l’échelle de la planète, ce moment de
vacillement fondamental qu’ont connus les Pascuans, juste avant
l’effondrement de leur civilisation.
Ce graphique vient du site suisse du WWF. Comment créer un accident majeur, ou : les pauvres ne se plaignent pas ; ils subissentPar la bande de même pas mal :: 03/02/2007 à 8:35 :: PRISES DE TETE
Il paraît
que le terrorisme est la plus grande menace de notre temps. En tout
cas, c’est en son nom qu’on nous fait continuellement peur; qu’on
augmente partout les forces de police, de l’armée et des gardiens
privés et qu’on nous extorque une grande partie de nos impôts pour le
maintien de cette prétendue sécurité. En fait, on a l’impression que
plus on en fait dans le sécuritaire, moins les citoyens se trouvent en
sécurité. Cette situation permet d’ailleurs d’augmenter à l'infini les
effectifs policiers, militaires et privés dont nous venons de parler…
D’ailleurs, y’a
qu’à voir, hier, la gare de Genève-Cornavin a été bloquée à cause d’une
alerte à la bombe, et il ne s’est – heureusement – rien passé. A
nouveau et comme souvent, plus de peur que de mal.
Statistiquement, cette façon de voir s’apparente à du foutage de gueule :
en réalité, les vrais dangers sont ailleurs. Sur la route par exemple…
dans tous les pays, la bagnole tue plus que Ben Laden. En Suisse, le
suicide est la première cause de mortalité des jeunes, et pas le
terrorisme… Et pensons à toutes les atteintes faites à
l’environnement : il ne faut pas s’étonner si la fréquence de certaines
maladies explose ni si de nouvelles maladies sont crées par notre mode
de vie que nous sommes prêts, du moins selon George W. Bush, à défendre
jusqu’au dernier s’il est remis en question…
Un aménagement merdique du territoire
peut aussi faire plus de dégâts qu’un poseur de bombe. J’aimerais le
démontrer en prenant un exemple que je n’avais pas cru possible dans
mon pays, la Suisse, qui est quand même championne du propre en ordre
et où nous ne connaissons pas de cités ou de ghettos comme, par
exemple, en France.
A Genève, tout près de la gare de marchandises de La Praille,
se trouve un quartier de blocs mal en point où résident environ 5'000
personnes. Un raide talus les séparent de la grosse gare de
marchandises et d’une zone industrielle où notamment une entreprise de
démolition de bagnoles a pris ses quartiers. Un peu plus loin passe une
autoroute. Au milieu de ce bordel trône le fameux stade de Genève (oui,
un stade de foot de 30'000 places financé par l’Etat - 120 millions -
pour un club qui joue en challenge ligue…).
![]() Photo trouvée ici
Inutile, ou plutôt peut-être indispensable, de
souligner que les habitants pauvres des tours en question vivent dans
un environnement pourri au possible : pollution industrielle, bruit de
l’autoroute et des wagons qui s’entrechoquent qui empêche de s’entendre
à un niveau de voix normal, quelques pauvres jardins individuels qui
longent les voies de chemin de fer et qui doivent contenir plus de
métaux lourds que de salades…
Mais surtout : la gare de la Praille est une gare ou circulent des marchandises dangereuses :
en 2000, y ont transité 3800 wagons d’huiles usées, 2'500 wagons de gaz
inflammables et 15 wagons de produits toxiques… Par ailleurs, ce fait a
surtout été connu lors des débats sur la construction du fameux stade.
Il faut dire qu’avant la catastrophe de Schweizerhalle,
en 1986, pas grand monde ne se préoccupait des marchandises dangereuses
qui circulaient sur nos monts et dans nos vaux – C’est seulement après
cet accident qui est entré dans les mémoires sous le nom de
Tchernobâle, qu’on a pris le problème au sérieux ; notamment en
élaborant une ordonnance sur les accidents majeurs.
Oui, tant le
quartier pauvre que la gare de marchandises étaient là AVANT. Mais le
fameux stade à 120 millions a été construit en 2003 !
Et ?
Que s’est-il passé ? A-t-on profité de l’occasion, déjà qu’on claquait
des thunes, pour assainir le quartier ? A-t-on construit la moindre
paroi anti-bruit ? Et bien non. Rien n’a changé.
Par contre, on a
réfléchi au problème des marchandises dangereuses, notamment à la
présence de wagons de chlore, qui sont quand même inflammables… je vous
laisse imaginer ce que provoquerait une incendie dans un endroit aussi
dense : le 11 septembre, ce serait de la rigolade à côté…
Et on a pris une
décision : les soirs de match, les wagons de chlore sont transportés
ailleurs, puis rapatriés le match terminé à La Praille… Au moins, les
amis du sport n’auront rien. Quant aux habitants des tours qui
surplombent la gare… ils ont qu’à fermer les fenêtres ?
Les discussions sur
l’idée d’entourer la gare d’une ceinture de béton pour protéger les
environs ont vite tourné court : il faut dire que les chemins de fer
ont un projet d’aménagement de la zone de La Praille, qui se trouve en
pleine ville, et que ce serait dommage d’y renoncer pour quelques
pauvres qui geulent même pas…
Ironie du sort : le
nom du quartier, la Praille, signifie les prés en vieux français :
c’était de la terre agricole gagnée en asséchant le marais. On espère
que dans leurs sage planification, les aménagistes auront pensé à
construire l’hôpital dans les environs…
![]() photo trouvée ici
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