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Politique énergétique suisse : le choix entre le nucléaire et l'usine à gaz ?

Par la bande de même pas mal :: 27/02/2007 à 23:06 :: PRISES DE TETE

Nous vivons dans un monde ou règnent le pronostic et la pensée linéaire. Ainsi donc, la suisse officielle et les sociétés productrices d’électricité nous prévoient une rupture de stock vers 2020, moment où nos bonnes vieilles centrales nucléaires devront lentement prendre leur retraite. Comme la demande en énergie s’accroît chaque année, peu de voix parlent d’économies, et beaucoup de l’économie : il s’agit de construire de nouvelles centrales, pour que la suisse devienne autosuffisante en matière énergétique (actuellement, une petite moitié de l’énergie est importée de l’étranger) et pour utiliser la possibilité d’exporter du courant « cher » à ses voisins pendant les heures de pointe.

 
En route vers une croissance infinie et radieuse, donc ?
 
Cette image a été piquée !
Dans les grandes lignes, oui, car il n’est plus vraiment question, dans le débat actuel, de réaliser des économies d’énergies… comme si on y croyait plus… ou comme si le débat avait été phagocyté par les producteurs d’énergie, qui ont autant d’intérêt à promouvoir les économies d’énergies qu’un fabricant de cigarettes la lutte anti-fumée. Pourtant, il existe des études (celle-ci p.ex.) qui montre que notre consommation d’énergie (6000 Watt par personne et par année) n’est pas soutenable à long terme, à moins de se foutre de l’environnement et de construire beaucoup de centrales polluantes, atomiques, à gaz, etc... Le but serait de parvenir à une société de 2000 Watt. Mais comme les idées non-conformes au libéralisme ambiant semblent s’évanouir dans la nature sans autre forme de débat, la suisse officielle n’a pas sérieusement repris l’idée d’économiser le jus.
 
L’idée de notre « ministre de l’électricité », le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, dont il ne reste décidément aucune trace du lointain passé socialiste, c’est, comme il l’a expliqué au premier congrès des producteurs d’énergie (notons qu’il choisit son auditoire, le Moritz… Il va pas expliquer la politique énergétique suisse à greenpeace !), que « l'option nucléaire reste ouverte pour répondre à la hausse de la consommation ». Il a invité les producteurs d’électricité à développer le rendement énergétique et les énergies renouvelables et indique que ce n’est qu’à cette condition que le peuple acceptera une nouvelle centrale nucléaire… (source : swissinfo ; le texte du discours se trouve ici, en allemand uniquement).
 
Usines à gaz…
 
En attendant que la population soit « préparée » à la construction d’une cinquième centrale nucléaire, le gouvernement essaie de régler le problème des déchets (par un plan sectoriel « dépôt en couches géologiques profondes ») et de trouver une solution de remplacement pour produire l’énergie manquante, au moins jusqu’à ce que l’éventuelle nouvelle centrale soit construite. Malheureusement pour nos poumons, la solution trouvée, c’est la centrale à cycle combiné, plus précisément l’usine à gaz ! Outre que cette appellation fait bien rigoler et qu’elle n’est vraiment pas de nature à inspirer confiance, les usines électriques fonctionnant au gaz (même naturel) produisent de grosses déjections de CO2. Ce qui obligeraient les détenteurs de cette fameuse usine à gaz soit à payer la taxe CO2, ce dont ils n’ont pas la moindre envie, ou a financer des mesures de compensation, tant qu’elles ne sont pas trop chères… (source : tsr)
Cette magnifique photo de la centrale de Chavalon a été réalisée par Beat Hauser et mise en ligne sur fotocommunity
 
Dans le cas où aucun accord ne serait trouvé, grâce à l’ouverture des marchés, les producteurs suisses d’électricité pourront toujours aller construire leurs cochonneries à l’étranger, comme a d’ailleurs menacé le directeur général d’EOS… Il paraît qu’en Allemagne, les usines à gaz sont exonérées de taxe sur le CO2 et qu’en Italie, elle sont accueillie à bras ouverts, car dans ces deux pays voisins, elles représente un progrès par rapport aux centrales à charbon ou à pétrole, bien plus polluantes. Message passé à greenpeace qui a eu le front de faire recours contre la centrale de Chavalon !
 
Ce qui est pratique avec l’économie de marché, c’est qu’elle produit des solutions. Mauvaises, certes, mais des solutions quand même ! Et tant qu’on est du bon côté de la barrière, les solutions proposées sont tellement plus agréables que, par exemple, l’usage parcimonieux des ressources. Reste à savoir combien de temps les solutions « libérales » seront viables et à partir de quand elles se transformeront en… usines à gaz !
 
Même pas mal ! a parlé libéralisation de l’électricité ici !

La valeur du temps

Par la bande de même pas mal :: 12/02/2007 à 23:09 :: PRISES DE TETE
La signification du travail

Travailler, c’est perpétuer – à son niveau – l’ordre existant. Mais quand on ne travaille pas, on se sent inutile et « coupé du monde », sans oublier les emmerdements avec l’Etat… Le poids social accordé au travail s’est énormément accru : considéré en Grèce antique et au Moyen-Âge comme tâche d’esclaves ou de serfs,  comme un truc pour manants, le travail est devenu la justification centrale de l’existence ! Triste époque ! Notre classe dirigeante bosse comme une abrutie alors que les aristocrates ou les patriciens antiques s’occupaient d’art, de politique, de bouffe, d’agapes et de sexe et méprisaient le travail productif. Le mot « travail » vient du latin, « tripalium » et signifie « instrument de torture », bon sang ! Quelle époque de peines-à-jouir et de tristes sires que l’époque qui glorifie la servitude, et qui exige de tous ses membres une adhésion totale à ce principe !

Vendre son temps

Travailler, c’est vendre son temps. C’est accomplir une activité qui nous est étrangère et dont les fruits nous sont étrangers (oui, j’ai lu le Capital quand j’étais p’tite). Tout dépend ce que l’on fait, on peut être amené à servir des objectifs qui nous sont étrangers et avec lesquels nous ne sommes pas d’accord, mais cela ne doit pas être pris en compte car « on fait notre boulot ». Cette phrase célèbre s’utilise et toute circonstance pour excuser n’importe quoi… vous l’avez certainement entendu assez souvent. Nous sommes tous des formatés !

Si évidemment peu d’entre-nous ont trouvé le moyen de vivre sans travailler, il reste que l’on devrait plus respecter son temps et sa personnalité et ne pas se laisser brader comme une fin de série en soldes… Réfléchir sur la place du travail dans notre vie et ne pas se laisser berner. Résister - avec d’autres- l’isolement dans lequel nous plonge la concurrence nous immobilise…

Toutefois, comme le rappelait Citoyenne, se sentir utile est primordial dans la vie. Trouver sa place. Ça devrait se passer aussi et surtout en-dehors du travail, dans des lieux où les gens sont libres (même si c’est de loin pas parfait partout !), avec les amis, les compagnons de lutte, dans le couple, etc.

Et comme travailler il nous faut, monnayons-nous chèrement et ne vendons ni nos fesses, ni notre cerveau ! Ces deux organes sont trop importants pour se retrouver sur un quelconque marché...

La première image vient de ce site, la deuxième de celui-là.

Vaccination contre le cancer?

Par la bande de même pas mal :: 03/02/2007 à 8:38 :: PRISES DE TETE
Dans les pays industrialisés, le cancer est la cause n°2 de mortalité. Chez les femmes, le cancer du col de l'utérus figure dirèctement après le cancer des seins dans les statistiques. Depuis l'année dernière, une étude menée avec plus de 1100 filles et femmes entre 15 et 25 ans aux Etats-Unis  prouve l'efficacité d'une vaccination contre le VPH (virus du papillome humain) qui est la condition clé pour une mutation des cellules et donc un cancer. Cette vaccination (sous le nom de Cervarix ou Gardasil) est permis en UE depuis octobre dernier et beaucoup souhaitent qu'elle soit obligatoire pour les petites filles dès 9 ans, et de préférance avant la maturité, car le virus est transmis quasi uniquement sexuellement. Avec une telle vaccination ils estiment pouvoir réduire de 70% la mortalité de ce type de cancer. Il y a 24 types différents de HPV découverts à présent, dont quatre sont responsables à 70% respectivement 50% pour les néoplasmes du col de l'utérus qui peuvent se transformer en cancer. Jusqu'à maintenant on n'a d'autre traitement que de détruire les lésions cervicales et d'espérer que les cellules cancérogènes disparaissent.
On estime que la moitié de femmes soit touchée par le VPH, dont 90 à 95% en guérissent dans le délai d'une année grace à leur systeme immunitaire, mais parmi les femmes qui sont porteuses du virus, 2 à 8% développent un cancer du col de l'utérus et c'est souvent associé au tabagisme car la nicotine et additions s'accumuleraient dans la muqueuse cervicale. Toutefois, s'il est reconnu tôt les chances de guérisson sont très bonnes, quasiment de 100%.
Et c'est pour cette raison, et aussi parce que c'est un vaccin nouveau, qui n'a pas été testé sur des femmes agées de 26 et plus et non plus chez les petites filles qu'un médecin allemand entretient un tas de sites internets privés pour nous mettre en garde devant ce vaccin prometteur. Il nous avertit aussi parce qu'on ne sait pas si le médicament détient des OGM ou est lui-même cancérogène. Pour lui, la prévention, donc de se protéger à chaque rapport avec un préservatif est la seule issue.

Dessin trouvé ici.

Tous des mariages blancs?

Par la bande de même pas mal :: 03/02/2007 à 8:37 :: PRISES DE TETE
Si unE citoyenNE suisse veut épouser unE étrangèrE, les fonctionnaires de l'état civil et d'ailleurs plein d'autres personnes se posent la question: Est-ce que les deux se marient uniquement pour permettre à la personne étrangère un meilleur statut en Suisse? C'est très douteux, car un mariage sur trois lie deux personnes de nationalité différente, déjà aujourd'hui, grace à la plus grande mobilité et la globalisation, selon le groupe  pour les interêts  de couples binationaux, IG binational.


Malgré ce fait, les mariages binationaux et surtout ceux entre deux personnes qui ont un statut de séjour différent, devient de plus en plus difficile. A Zurich, l'état civil travaille carrément main en main avec la police d'étrangers: Si une personnes sans permission de séjour veut se marier, elle est envoyé avec un formulaire aux bureaux de la migration, prétendument pour obtenir une confirmation de domicil. Mais au lieu de tamponner et signer la feuille de papier,  les flics y attendent pour ammener la personne illégalisée dirèctement en prison d'expulsion. Ce n'est pas du délire, ce formulaire est un pur piège.
Même si quelqu'un est légalement ici, avec un permis N ou F il est très pénible de se marrier, même aujourd'hui. Mais ça devient pire, bien sûr, comme tout dans les lois sur les étrangers et les requérants d'asile:
Hier, la Commission des institutions politiques (CIP) du Conseil national a donné suite à deux initiatives parlementaires qui visent toutes deux à lutter contre les mariages dites "de complaisance". L'une prévoit d'inscrire dans le Code civil que les candidats au mariage qui ne sont pas détenteurs d'un passeport suisse au moment du mariage doivent produire une autorisation de séjour valable, et l'autre, de prolonger le délai fixé par la loi sur la nationalité pour annuler une naturalisation.

Donc 1) le mariage ne résoud plus rien pour des requérants d'asile déboutés ou pour des sans papiers, même si ce n'est pas un mariage blanc, mais un mariage qui unit deux personnes amoureuses. D'ailleurs on peut se demander aussi, quelle raison on a aujourd'hui pour se marier, si ce n'était que l'amour, pas besoin de signer un contrat, à mon avis.
Et 2) les époux, qui ont finalement pu se marier, et le sont restés pendant au moins 3 ans, ne peuvent plus attendre tranquillement la naturalisation du partenaire étranger et respirer, en pensant que la pression, ce "devoir rester ensemble pour les papiers" et enfin fini, et qu'ils peuvent enfin devenir des partenaires tout à fait égaux; non, maintenant il faut après avoir reçu le passeport sagement continuer à habiter ensemble, et ça pendant 5 ans, sinon la naturalisation peut être annulée sous pretexte de mariage blanc. Si on regarde le taux de divorce en Suisse: 55% c'est un peu trop demandé à mon avis. On peut s'aimer oui, se marier, oui, mais le gouvernement ne peut pas nous demander de rester marié jusqu'à la mort en menaçant l'expulsion du partenaire étranger.

Le mikado, sport préféré des fonctionnaires

Par la bande de même pas mal :: 03/02/2007 à 8:37 :: PRISES DE TETE
« “Modèle social européen”... je ne comprends pas bien le sens de cette expression »
 De: Frits Bolkestein (auteur de la directive sur la libéralisation des services du même nom) ; France Inter, 6 avril 2005, In : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/LORDON/12175
 
 
On se demande bien quel mot de l’expression en question n’avait pas été compris par M. Bolkenstein… D’ailleurs, on s’en fout, ce mot va bientôt faire partie du vocabulaire historique et aller rejoindre la hallebarde, la jachère et le four banal dans le dictionnaire des vieilloteries… Social. Et Etat social ? Service public ? Eh bien de même : pour faire « chic » ou peut-être pour se faire peur, on donne périodiquement dans toute l’Europe de l’Ouest le pouvoir à des politiciens qui détestent l’Etat. « Avant », un politicien pouvait être de droite et respecter l’Etat, ce qui est la moindre des choses question reconnaissance du ventre. Maintenant, le dernier cri en matière de pensée de droite, c’est de tout vouloir casser avec le far-west comme modèle : plus d’Etat qui réglemente, mais un flingue pour chaque citoyen pour se faire respecter ! Un anarchisme de droite façon Mad Max quoi (le beau cul à Mel Gibson en moins)…
 
C’est dans cette logique que le conseiller fédéral christoph blocher a traité son département d’ « atelier protégé »… Et lui, à part garde-chiourme de l’atelier, il a rien trouvé de plus enrichissant à faire ? En fait, la psychologie anti-fonctionnaire est assez primaire et joue sur le sentiment que tout le monde aimerait être bien payé à ne pas faire grand’chose… malheureusement, personne ne l’est (enfin, le chef de notre chef peut-être…). Mais les fantasmes des paresseux se collent sur le fonctionnaire, ce planqué… En stratèges habiles, les politiciens jouent sur ce réflexe quant il s’agit de casser les services publics.
 
Un cas d’école du genre : il y a quelques temps, Charlie Hebdo (no 645 du 17/10) avait rapporté les propos que le ministre français renaud dutreil avait tenus le 20 octobre 2004 au cours d’un "petit déjeuner" organisé par l’ultralibérale "Fondation Concorde"… de quoi être dégoûté de travailler pour un type pareil ! Admirez la subtilité du raisonnement et l’élégance des propos !
 
Tout d’abord, on pose le problème comme on le voit du haut de son fauteuil de ministre :
 
"Le grand problème de l’État, c’est la rigidité de sa main-d’oeuvre. Pour faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l’escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l’administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelle qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité, sanitaire et sociale. Si on ne fait pas ça, la réforme de l’État est impossible. Parce que les corps abritent des emplois inutiles."
 
Maintenant qu’on a bien fait rire la salle, on peut balancer du concret… Et c’est pas dans les « corps morts » qu’on taille, mais bien dans le vivant : dans l’éducation… :
 
"C’est sur l’Éducation nationale que doit peser l’effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l’Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l’Éducation nationale, c’est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth [secrétaire d’État à la Réforme de l’État] : on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c’est plus délicat. Il faudra faire un grand audit."
 
En trois, on remarque que les grandes réformes ne font injustement pas toujours l’unanimité…
 
"Le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics. L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure - c’est ce que fait très bien Michel Camdessus -, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues."
 
 Ah ! Si les services publics pouvaient mal fonctionner, on pourrait enfin les démanteler ! Notez, on y travaille… Et avec Camdessus comme modèle, on risque d’y parvenir !
 
Pour terminer, une dernière dans la gueule des retraités de la fonction publique…

"Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d’un retraité, c’est presque 75% du coût d’un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème."
 
Juste pour le plaisir d'entendre ce que le ministre pense des gens qui ont travaillé toute leur vie pour lui ou pour ses prédécesseurs! Les "inutiles" "problèmes" à résoudre apprécieront certainement.
L'administration est l'un des rares domaines où on s'en prend aux petites mains quand on la décrie; et les premiers à accuser la "bureaucratie" de tous les mots, ce sont les politiciens, les propres chefs des fonctionnaires...

Les yeux vissés sur la retraite du fonctionnaire, on ne verra pas le dutreil se barrer avec les meubles.

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