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Quand les caisses maladies coupent l'accès aux soins

Par la bande de même pas mal :: 03/02/2007 à 9:34 :: MEME PAS MAL
Les caisses maladies suisses sont un Etat dans l’Etat… bien que privées, elles possèdent des prérogatives étatiques, comme par exemple de prouver elle-même le bien-fondé de leur créance (en langage technique, d’obtenir sans passer par un juge la mainlevée d’une opposition à une poursuite).
 
Pire, lorsqu’un assuré ne peut plus payer ses primes, qui s’élèvent pour une personne seule entre 250.- et 400.- francs suisses par mois, il reste débiteur de la caisse maladie, car être assuré est une obligation, et chaque mois, sa dette augmente d’autant ; par contre, il n’a plus droit aux prestations, donc n’est plus couvert s’il choppe une maladie ou doit se faire opérer !! Bonjour la symétrie ! Et même que cette ignominie est légale et prévue à l’article 64a de la loi sur l’assurance-maladie (LAMAL)…
 
Une enquête réalisée à la policlinique de médecine de Genève, dont il est question dans Le Courrier, dresse un premier bilan de cette mesure. Nous reprenons largement, dans les paragraphes qui suivent, des extraits de l’article:
 
En quatre mois et dans le seul canton de Genève, quatre-vingt-quatre personnes suspendues par leur assurance-maladie ont dû se fournir en médicaments auprès de la policlinique de médecine des Hôpitaux universitaires genevois et quatre personnes dans la même dèche financière ont consulté pour des maladies infectieuses, ont constaté les médecins Christophe Marti et Hans Wolff, auteurs d'un article paru le 1er novembre dans la Revue médicale suisse.
 
Toujours d’après le même article du Courrier, cette solution de secours avait été mise en place dans l'urgence au mois d'avril par les autorités, alertées par le Groupe sida Genève sur le cas de trois personnes séropositives contraintes d'interrompre leurs trithérapies...
 
L'analyse des deux médecins fait apparaître que «l'inégalité face à la maladie existe aussi face au système de santé». En effet, trois quarts des patients obligés de se rendre à l'hôpital pour continuer leur traitement sont sans emploi et bénéficiaires d'aides sociales. C'est d'ailleurs ces mêmes services sociaux qui s'acquittent du payement de leurs primes maladie. Dans la plupart des cas, la suspension des prestations serait de plus «motivée par des litiges anciens et portant sur des sommes de faible importance».
 
Par ailleurs, la plupart des patients disent avoir dû interrompre leur traitement, encourant des risques qualifiés de graves par les auteurs de l'étude. Dans 40% des cas, les conséquences auraient même pu être fatales…
 
La santé est décidément trop importante pour la laisser dans les mains de caisses privées qui ne pensent qu’à leur bénef' et se foutent de la santé publique comme de leur première hausse de primes (car les primes augmentent chaque année d’environ 5%... quand elles augmentent moins, cela est fêté en grande pompe dans les sphères politiques…)… !
 
Nous allons voter l’année prochaine sur un changement  de notre politique de la santé qui serait salutaire et qui consisterait par remplacer ce système privé par une seule caisse maladie publique, une caisse maladie unique et sociale, et d’en finir avec l’orientation bénéfices, l’opacité dans la gestion et les combats publicitaires que se mènent les quelques 30 caisses privées qui se partage le juteux marché de NOTRE santé. D’ailleurs, l’idée d’une caisse unique fait son chemin et recueille de plus en plus de soutien : lancée au départ par le parti ouvrier et populaire / parti du travail et le mouvement populaire des familles, elle a reçu l'appui du parti socialiste, des verts, et plus récemment du corps des médecins assistants, qui essaie de faire pression sur la fédération des médecins pour que ces derniers prennent une position similaire.
 
Si l’on en croit le nombre de râleurs qui pestent chaque année – avec raison – contre la rituelle hausse des primes de l’assurance-maladie, on pourrait croire que la votation passera comme une lettre à la poste… ce serait oublier l’extraordinaire propension des Suisses à voter contre leurs intérêts et la véritable machine de guerre lancée par les caisses maladies, avec notre pognon, contre cette initiative… Il s’agit donc de rester vigilants.
 
Le site de l’initiative pour une caisse unique et sociale, c'est par ici. Et le dessin de Pancho a été trouvé !
 

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