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Y a pas de travail trop mauvais

Par la bande de même pas mal :: 09/02/2007 à 23:15 :: COUPS BAS

En lisant un article du Courrier sur le nouvel esclavage dans les champs, je me suis rappelée, issue moi-même de l'agriculture (non, je ne suis pas un légume), que ce n'est pas un phénomène neuf, mais que la situation globale des employeurs dans ce domaine s'est aggravée. Prenons l'exemple de mon parrain, qui était agriculteur et possédait une surface de terre cultivable assez impressionnante: Dans les années 80, il était normal d'embaucher des saisonniers, c'est-à-dire des hommes, qui venaient travailler en Suisse pendant neuf mois et devaient la quitter en hiver pour trois mois afin de ne pas perdre leur statut de saisonnier et aussi pour voir un peu leurs familles...

A cette époque, les Italiens et les Espagnols étaient le plus nombreux, et sur les chantiers, et dans l'agriculture. Et en tant qu'habitants du pays le plus pauvre d' Europe, les Portugais suivaient. Je ne sais pas exactement ce qu'ils gagnaient, mais ça n'a pas pu être grande chose, vu que mon parrain faisait travailler une douzaine de saisonniers chaque année, et qu'ils dormaient dans le grenier de son hangar. C'est du travail d'au moins 12 heures par jour en saison, samedi et dimanche inclus.

Après l'abolition du statut de saisonniers, les agriculteurs embauchent toute l'année des requérants d'asile et des "stagiaires" pour la saison d'été: venant souvent des pays de l'Europe de l'est, ils sont aussi mal payés que les réfugiés (environ 8 francs par heure) et toujours avec l'obligation de manger et de dormir sur place (des fois les frais sont même déduits du salaire médiocre) afin d'être toujours disponible.
Rappelons-nous que l'agriculture n'a plus rien à voir avec du jardinage romantique et la traite de vaches à la main, mais que c'est une vraie industrie qui demande beaucoup de labeur pénible.

Pour les réfugiés en Suisse disposant d'un permis N et d'une procédure non déboutée, l'agriculture et la gastronomie sont les seules domaines où ils ont le droit de travailler. (Et dans certains cantons romands, les chantiers aussi.) C'est bien pour quelqu'un qui a déjà travaillé dans ces professions avant, mais pour un intellectuel, c'est quelque peu decevant.

J'ai travaillé aussi en cuisine, dans quatre différents restaurants, comme aide-cuisine et plongeuse, et je sais que les conditions de travail et le salaire sont vraiment merdiques - même un cuisinier diplômé qui travaille comme chef de cuisine ne gagne pas plus que 4500.- bruts par mois, et les aides gagnent le stricte minimum (3300.- pour les heureux payé par mois) et 18.- à l'heure pour tous les autres. Et rappelons que les réfugiés doivent verser 10% du salaire sur un compte de sécurité que la fameuse OSP, soeur de l'ORS gère - argent qu'il reverront en petite partie après avoir obtenu un vrai permis de séjour.
Il n'y a plus de choix de métier, c'est l'employeur qui nous choisit et surtout notre situation sociale et financière qui décide de notre "réalisation de nous-mêmes", slogan qu'on n'entend d'ailleurs plus, parce qu'on a définitivement fait nos adieux à l'idée de moins bosser pour mieux vivre.

D'ailleurs, même le permis N et prisé par ceux qui n'ont plus le droit de travailler. Un ami africain m'a appelé hier pour m'annoncer "la bonne nouvelle": ils lui ont rendu le droit de travailler en n'écrivant plus la fin de droit de travail dans son permis - et il compte retrouver toute de suite son travail en tant que plongeur, où il gagne 3300.- minus tous les déductions normales minus 10%  - la précarité peut rendre si modeste....grrr!


Bon pour terminer cet pensée triste et réaliste, je vous propose de lire ce bouquin de George Orwell: Down and out in Paris and London (à lire en ligne).
L'écrivain qui a toujours été pauvre de ses jours, s'est retrouvé à plusieurs reprises en situation de travailler comme plongeur, et les paralleles à nos jours presque un siècle plus tard, sont frappants!

Et un dernier clin d'oeil:
La Suisse offre l'une des meilleures qualités de vie au monde - notre spécialité est de vous aider à vous établir en Suisse. Nous offrons des solutions clé en main pour les personnes désirant prendre leur
retraite ou implanter leur entreprise en Suisse. Pour les autres programmes, vous trouverez toutes les informations utiles sur ce site.

Attention! Si vous avez le passeport d'un pays de l'Union Européenne cliquez ici pour la section appropriée.

(car dans la section hors-union-européenne vous n'allez rien trouver....)

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